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dimanche 16 décembre 2012

HAITI : Y A-T-IL UNE ISSUE DURABLE AU CHAOS POLITIQUE CONTINUEL?©


Depuis environ un demi-siècle, Haïti n'a pas changé. La corruption,  le népotisme,  les crises politiques et socioéconomiques complexes, l’appauvrissement des classes défavorisées, l’enrichissement constant des mêmes groupes proches du pouvoir, la dégradation vertigineuse de l'environnement constituent, entre autres, quelques-uns des gangrènes qui rongent toujours cette nation. Aujourd'hui, la criminalité gratuite issue de la promiscuité de quelques secteurs sociopolitiques s'est ajoutée quotidiennement à ces maux pour assener le coup de grâce. Plus de 600 morts par des assassinats depuis septembre 2009 alors que la majorité des auteurs courent toujours et que nul procès digne de ces crimes n’a encore secoué les assises des tribunaux. Le pays, force est de le constater, agonise lentement mais sûrement. Nous sommes perçus par toute la planète comme l'une des nations les plus corrompues et la plus résistante au développement humain. Quelle honte, quelle déchéance après avoir réalisé 1804!

Malgré le slogan martelé constamment par des proches du pouvoir, « Haïti  est ouvert aux affaires », la majorité des médias locaux et étrangers ainsi que les observateurs objectifs reconnaissent sans le dire ouvertement que le pays est au bord du gouffre. Si rien n’est fait, il sera englouti en dépit des sursauts sporadiques de quelques diplomates étrangers qui y mènent leurs croisades tantôt personnelles, tantôt évangéliques, tantôt politiciennes sous le couvert d’un certain humanisme comportant parfois quelques relents de condescendance.

 Malgré la fébrilité étourdissante affichée par les autorités gouvernementales à simuler des projets et à élaborer des programmes à la pièce qui ne répondent pas aux défis de la véritable organisation structurelle et institutionnelle dont le pays avait grandement besoin au lendemain du départ du régime duvaliériste en 1986, celui-ci continue de s’enliser inéluctablement.

 Les grands bailleurs internationaux sont bien au courant de cette situation cruciale mais ils continuent d’y déverser des milliards de dollars sachant pertinemment que leurs capitaux ne seront utilisés que partiellement aux fins sollicitées par nos gouvernants.  Ils ont pris le parti, hélas, d'augmenter de nouveau notre dette, laquelle s’accroît de manière exponentielle au rythme des catastrophes naturelles et des incohérences politiques des dirigeants successifs. Nous ne pourrions pas honorer ces redevances même au jour du...jugement dernier!

On ne le dira jamais assez. Suite à l’inertie perpétuelle de ses structures politiques et institutionnelles nationales, Haïti vient de battre en ce début du 21ème siècle un nouveau record : le plus grand laboratoire de déploiement et d’expérimentation des ONG de l’hémisphère.

LA  LEÇON DES CATACLYSMES, DE JEANNE À SANDY

Le passage des ouragans Jeanne, Ike et Hanna en 2004 et quelques années plus tard,  l’apocalypse du 12 janvier 2010, pour n’en citer que les plus meurtriers, ont permis à tous de constater la grande vulnérabilité du pays ainsi que son incapacité institutionnelle chronique à répondre adéquatement aux désastres naturels récurrents. Les différentes prévisions scientifiques portent à croire que ces cataclysmes s’intensifieront dans le futur un peu partout et notamment dans l’archipel des Antilles, ne serait-ce qu’en raison du réchauffement climatique planétaire. Haïti est au centre de leur trajectoire.

L’ouragan Sandy vient de sonner à nouveau l’alarme. Pour la énième fois, en peu de temps, le pays est touché dans ses points vulnérables et nos gouvernants une fois de plus clament leur émoi en quémandant encore de l’aide! Pourtant, la Banque Mondiale, la Banque interaméricaine de développement, l’USAID, le PNUD, entre autres, ont déboursé depuis 2004 au total plus de 250 Millions $US (1) uniquement pour la prévention des catastrophes naturelles, l’organisation des interventions d’urgence post-désastre et la revitalisation de l’agriculture. Entre 2009 et 2012, les montants alloués au pays ont frisé les 900 Millions de $US (2) plus une promesse d’aide de 621,5 M$ en 2010. Environ 25 à 30% de ces sommes sont consacrés à l’environnement au sens large.

Il s’avère tout à fait justifié aujourd’hui de se demander avec un profond désarroi empreint de colère: à quelles fins réelles ont servi ces sommes faramineuses et ces innombrables ressources humaines et techniques déployées sur le terrain depuis huit ans, particulièrement entre 2010-2012 où l’on a recensé environ 12000 ONG opérationnelles ?

Il est tout  aussi extrêmement révoltant de constater que quelques dizaines de millimètres de pluie accompagnés de bourrasques exposent encore le pays entier aux mêmes conséquences désastreuses qu’il y a huit ou dix ans. Les rivières et les bassins versants sont demeurés toujours indomptables alors que les soi-disant ponts ou ponceaux construits à coups de millions qui enjambent un peu partout ces mêmes cours d’eau ne peuvent résister aux habituelles alluvions dévalant les pentes des mornes.

MARTELLY N’EST PAS LA SOURCE EXCLUSIVE DU PROBLÈME

De toute évidence, le gouvernement Martelly, comme plusieurs de ses prédécesseurs,  a fait preuve d’un nombre incalculable de décisions fort controversées depuis son intronisation. Ces errements ont d’ailleurs été abondamment dénoncés dans les médias locaux et étrangers. Cependant, son gouvernement ne détient pas la notoriété en matière de corruption, d’assassinats, de collusion et de népotisme. Il suffit de scruter les manchettes nationales et étrangères depuis 1986, de J.B Aristide à nos jours, en passant par G. Latortue,  Ertha Trouillot, L.Manigat et R.Préval, entre autres, pour se rendre compte de la persistance de ces gangrènes dans notre paysage politique ainsi que des difficultés abyssales à gérer la République d’Haïti dans sa structure politique actuelle.

Aujourd’hui, au-delà de la partisannerie quelquefois irrationnelle et des inévitables émotions personnelles qui modulent nos analyses ou nos choix électoraux, nous devons tous collectivement  faire un effort pour comprendre autrement les raisons réelles de ces échecs continuels. Pourquoi, depuis le début de la seconde moitié du 20ème siècle, le pays est-il toujours à l’agonie?

D’aucuns réitèreront que l’incompétence, le laxisme et, bien sur, la corruption, qui ont imprégné la majorité de ces régimes en sont les causes évidentes. D’autres rétorqueront que la communauté internationale étant éminemment soucieuse de ses intérêts stratégiques dans le pays, a décidé d’y établir son hégémonie ad vitam aeternam par tous les moyens. De mon point de vue, même si tous ces constats peuvent être corroborés par des faits avérés, ils n’expliquent pas fondamentalement notre descente aux enfers.
En effet, la majorité des nations de la planète, à l’exception des quelques pays scandinaves et de l’Océanie, font face ou sont souvent en proie, à des degrés divers, à ces déviances et à de mémorables scandales sexuels et politiques. Cependant, ces nations, inscrites à l’enseigne de l’état de droit et rivées sur les solides assises de la démocratie participative, ont toutes réussi à crever les abcès et à prendre les mesures coercitives appropriées pour y obvier afin de garantir la bonne marche des institutions et le bien-être collectif de leurs populations.
De plus, tous ces pays hébergent des organisations internationales et sont aussi en relation de dépendance ou de partenariat avec celles-ci (Organisation des Nations Unies, Banque mondiale, Union européenne, Banque interaméricaine, PNUD, etc.) qui y œuvrent, il va sans dire, pour protéger leurs intérêts stratégiques particuliers également.
Par conséquent, nous devrions orienter nos questionnements au sujet des échecs répétitifs d’Haïti à se hisser au rang des nations émergentes, sur des hypothèses autres que ces continuelles lamentations de corruption et d’hégémonie internationale. Considérant que les germes de la corruption font partie du bagage génétique de l’être humain et que la planète sera toujours politiquement polarisée, il faut parvenir aujourd’hui à offrir à Haïti un tremplin structurel et institutionnel stratégique plus adéquat pour lui permettre de tirer le meilleur parti de ses immenses potentiels et de limiter l’interventionnisme étranger.
Dans cette perspective, nous devons réviser inévitablement ce carcan qu’est le système politique haïtien tel qu’il est encadré aujourd’hui par la constitution de 1987. Nous ne pouvons plus continuer depuis plus de deux siècles à attribuer aux gouvernants du pays les responsabilités inhérentes à ses malheurs et à ses échecs même si à l’évidence un grand nombre d’entre eux n’ont pas honoré leur mandat et que certains mériteraient une profonde évaluation psychologique quant à leur capacité intrinsèque à conduire les destinées d’une nation.

LA RÉPUBLIQUE CENTRALISÉE EST UN FIASCO

Au lendemain du départ de Baby Doc en 1986, traumatisés par quasiment 50 années de dictature, des constitutionnalistes, des membres de la société civile et des élus haïtiens, supportés par des experts étrangers, ont voulu  à bon escient offrir au pays une ouverture  vers la démocratie. L’idée fut en soi excellente. Mais, très vite, on a compris que cette marche vers un état de droit opérationnel, équitable et performant s’avère utopique. Cette constitution calquée sur le modèle jacobin de la France notamment, ne pourra jamais s’adapter aux réalités géographiques, politiques, environnementales et sociales du pays.

Jusqu’ici, force est de le constater, elle a surtout généré des conflits entre tous les acteurs sociopolitiques de l’échiquier national. Elle a créé des chevauchements de pouvoir, des hérésies telles que les collectivités territoriales (3), juridictions fantômes qui n’ont absolument aucun poids socioéconomique et politique, un système électoral poreux, de nombreux ministères publics centralisés à la fois budgétivores et inefficaces, un appareil de justice d’une lourdeur incommensurable qui facilite et engendre toutes sortes de promiscuité. Telles sont quelques-unes des inextricables conséquences de cette constitution dont l’état haïtien et ses observateurs étrangers tentent en vain de colmater les brèches depuis environ une douzaine d’années. Rien ne va plus pour Haïti, l’ex-joyau des Antilles!

Aujourd’hui, les questions essentielles qu’il convient de se poser sont les suivantes :

§  Est-ce que le modèle de gouvernance de la République d’Haïti actuellement se révèle apte à favoriser l’essor socioéconomique et politique du pays et de ses grandes régions?

§  Et, subsidiairement, n’encourage-t-il pas davantage la corruption, le népotisme tout en favorisant  l’imposante présence internationale à travers ses forces militaires et les ONG ?

§  Finalement, quel serait, suite aux échecs récurrents des gouvernements depuis le début du 20ème siècle, le meilleur modèle de gouvernance pour ce territoire de 27 750 Km2 comportant de profondes disparités régionales tant au niveau des ressources naturelles, des particularités microclimatiques qu’au chapitre des infrastructures, des équipements publics et du sentiment d’appartenance régionale?

L’ULTIME PORTE DE SORTIE : UNE FÉDÉRATION RÉGIONALISÉE

Pour rompre définitivement ce cercle vicieux  qu’est la concentration du pouvoir entre les mains du président et du premier ministre, il faut absolument décentraliser des responsabilités politiques, administratives et juridiques particulières à des grandes régions du pays. Cette initiative cruciale permettra de diminuer substantiellement la force d’attraction qu’exercent, tel un pôle magnétique, la présidence et la primature sur le reste du pays, en particulier sur les élus régionaux qui ne voient encore leur salut, leur raison d’être et leur utilité qu’à travers des postes ministériels autour du gouvernement central. Au cours des trois dernières décennies notamment, de nombreux d’entre eux ont abandonné leur serment d’allégeance et leur responsabilités statutaires envers leurs régions pour se mettre au service du pouvoir port-au-princien.  

Ces revirements idéologiques impromptus et ces défections de leur part ont eu pour effets non seulement de détruire le pouvoir et le dynamisme socioéconomique des régions mais aussi d’ouvrir la porte à des exodes continuels des populations du reste du pays vers la capitale. Les autres effets pervers sont tout aussi nombreux et désolants : insatisfaction populaire régionale généralisée envers le pouvoir central, multiplication exponentielle des noyaux politiques improvisés, éclatement périodique des partis politiques, alliances politiques stériles, dilution ou disparition des revendications traditionnelles des provinces, etc.

Du coté du pouvoir central, les effets n’en sont pas moins désastreux et pernicieux: incapacité à desservir efficacement les régions en infrastructures, en équipements publics, difficultés de déploiement des interventions lors des désastres naturels, propension vertigineuse à la corruption, augmentation et impunité des crimes économiques et contre la personne, etc.

Ce ne sont pas des programmes sporadiques à la pièce tels que la construction d’universités et d’usines manufacturières dans des territoires voués extensivement à l’agriculture, ni les opérations de lifting sur le patrimoine national ou encore la construction de tronçons de routes et de pénitenciers qui occasionneront à long terme le décollage du pays. Car, ces interventions sont condamnées à l’échec et ne pourront jamais générer, ni insuffler l’unité dans la diversité dont Haïti a cruellement besoin depuis la seconde moitié du 20ème siècle.                      

L’hypothèse d’une décentralisation politique qui a été souvent évoquée par certains observateurs de la diaspora et de l’intérieur, s’avère aujourd’hui comme la seule option incontournable et vitale pour propulser Haïti vers un avenir plus serein et sans aucun doute mieux adapté à ses réalités sociopolitiques, géographiques et environnementales.

Aujourd’hui Haïti doit absolument se dépouiller de son système politique anachronique pour amorcer une véritable redistribution juridictionnelle vers son hinterland sur le modèle d’un état fédératif en commençant d’abord par modifier en profondeur le découpage géopolitique et démographique du territoire en 4 grandes régions, en l’occurrence : la grande région du Nord, La région Centre-Artibonite, la région de l’Ouest ou de la capitale nationale et la grande région du Sud, qui seront gérées par des gouverneurs ou des ministres régionaux élus au suffrage populaire (4).

Une nouvelle Haïti fédérée à travers ses régions distinctes, encadrée par un état central efficace, dynamique et responsable pourra aspirer très rapidement au développement durable tant convoité. Ce modèle de gouvernance permettra notamment :

§  De diminuer et de mieux répartir les responsabilités législatives, administratives et économiques de l’état central qui pourra alors se concentrer sur les politiques, les programmes et les projets dont il aurait la juridiction exclusive à l’échelle nationale, entre autres: la défense, les transports aérien, maritime et ferroviaire, les travaux publics et les infrastructures de rayonnement national (autoroutes interrégionales, hôpitaux, universités), les télécommunications, l’environnement, la coopération internationale, etc.

§  De réduire conséquemment la taille de l’état central et de ses ministères par la délégation judicieuse des pouvoirs appropriés aux régions;

§  De permettre rapidement l’exploitation efficace des diverses ressources naturelles, agricoles, touristiques et patrimoniales des régions en leur transférant les responsabilités juridictionnelles et administratives assorties des budgets afférents;

§  De mieux circonscrire et de mieux sévir à l’encontre de la corruption, de la collusion et des crimes qui affectent lourdement l’ensemble de la nation, grâce aux pouvoirs que détiendront les régions à cet effet;

§  De ralentir substantiellement à moyen terme l’exode des populations des métropoles régionales  vers la capitale tout en favorisant à plus long  terme leur retour vers leurs villes d'origine par des initiatives législatives à caractère incitatif et coercitif que les régions auraient le mandat de développer conjointement avec l’état central;

§  De réduire substantiellement les risques et les conséquences des désastres naturels sur les populations par le transfert des compétences et des ressources appropriées aux régions;

§  De revaloriser l’image, le dynamisme des grandes régions et de revivifier vigoureusement le sentiment d’appartenance si cher aux haïtiens de l’intérieur et de la diaspora. Dans un laps de temps très court, les ressortissants de la diaspora pourraient contribuer de manière directe et massivement à l’essor régional si ces derniers sont confiants que leurs régions d’origine sont rigoureusement administrées;

§  De transformer et d’améliorer le rôle des collectivités territoriales ainsi que leur mode d’opération en redistribuant leurs mandats à l’échelle des régions sous formes de tables de concertation où elles seraient plus efficaces dans le cadre de leur participation à la vie démocratique;

§  De mieux cordonner et de rationnaliser plus rigoureusement le déploiement de l’aide internationale à travers notamment les ONG qui seront recensés, scrutés et réorientés en fonction des besoins ou  des contraintes spécifiques des régions;

§  De ralentir la prolifération des partis politiques dénués de programmes intelligibles ainsi que les allégeances improductives résultant de l’insatisfaction ou de la concupiscence des élus régionaux attirés constamment par les prérogatives que confère l’état central. Ceux-ci deviendraient responsables de la gestion de leurs territoires respectifs devant leur électorat, selon le mode de scrutin à définir et à adopter dans le processus de décentralisation. Il serait alors surprenant que des revendications populaires sur le curage des bassins versants ou sur la hausse des prix des aliments dans le Centre-Artibonite, par exemple, soient directement imputables au président et au premier ministre au point de paralyser le fonctionnement de la nation entière;

Le premier ministre tout en gardant certaines des fonctions actuelles dévolues par la constitution aura en outre le mandat de coordonner, de discuter, de négocier avec les ministres régionaux en dotant la primature d’un nouveau secrétariat des régions dont la structure finale serait déterminée par l’assemblée nationale (5).
Au terme de ces réflexions que partageront sans doute d’autres compatriotes et observateurs avisés, il m’apparait opportun de souligner que le véritable défi pour Haïti et ses décideurs ne consiste pas à saupoudrer des projets à travers le pays, ni à colmater continuellement les brèches d’un système désuet centralisé qui ne répond plus aux attentes des populations du pays. 
Il convient plutôt impérieusement de mettre en œuvre la véritable structure politique apte à relancer le pays, en l’occurrence un fédéralisme régionalisé. C’est la voie qu’ont choisi plus de 40% des nations du monde (entre autres, le Canada, les USA, le Brésil, l’Australie, l’Argentine, les Comores, le Venezuela, le Nigéria, le Mexique, l’Inde, la Belgique, l’Espagne, l’Éthiopie et plus récemment le Soudan, l’Afrique du sud), pour s’épanouir dans le respect des différences et des aspirations des territoires de leur hinterland respectif.
Il faut absolument mettre fin à ce statu quo dont les conséquences au fil des élections n’engendrent que de insatisfactions profondes, des guerres de tranchées féroces, de la haine larvée, des polarisations socioéconomiques et politiques continuelles qui finiront tôt ou tard par précipiter irrémédiablement Haïti dans l’abime. 
C’est à cette tâche structurelle majeure que le gouvernement de Michel Martelly, ses nombreux conseillers stratégiques ainsi que l’assemblée nationale devront s’atteler très rapidement s’ils veulent tous marquer de manière indélébile leur passage dans l’histoire riche et mouvementée de ce pays. S’ils ne peuvent pas ou ne comprennent pas le caractère éminemment urgent et critique de ce changement de paradigme pour le pays, d’autres devront l’entreprendre.
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(3)          Au cœur du processus de la décentralisation, ces instances devaient favoriser une meilleure participation du reste du pays à la vie démocratique, politique et économique nationale en vertu de leur structure et de leurs pouvoirs décisionnels. Dans la réalité, l’état central a court-circuité ces responsabilités alors que leur mode de fonctionnement est devenu d’une complexité inouïe. Voir notamment les textes suivants :


(4)       Le concept présenté dans ce texte ne réfère pas au municipalisme  mis de l’avant par quelques observateurs dela diaspora haïtienne. Celui-ci constitue une confédération de municipalités ou de communes qui, somme toute, revendiquent un niveau d’indépendance et d’autonomie quasiment inadaptable au contexte d’Haïti. On voit clairement la complexité et l’ampleur de cette multiplication d’instances éclatées inopérantes avec les asecs, casecs, etc. voir fig.1 ci-joint.

(5)          fig.2
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Fig1
Proposition préliminaire de découpage sociodémographique et politique